La route était longue et brulante.Nous y faisaient une promenade la plupart des weekends.Au fond un énorme rocher indiquait la ligne d'arrivée, la route était longue et le vent contraire. Je ne sais plus qui a gagné ce jour-là.Ce dont je me souviens, c'est que derrière le rocher s'étalait la mer. Une mer inconnue, blanche et bleue comme un reve de peintre, drapée de monstres bouillonnants qu'inondait le soliel, vacarme de fin du monde, angoissante. J'aitais à quelques kilométres de chez moi et la terre n'était pas ronde, j'en voyais le bout.
Cette image m'accompagne toujours. je vois la mer partout , ma peutite mer à moi, jamais éloignée du bord, creusée par La HoUle,déchirée par des VaGuEs obsédantes. Je vois des VaGuEs partout, en grandeure nature le plus souvent, parfois je les cherches, dans mes reves d'abords et puis à la télé, diriérre une pub sur fond d'océan ou une mauvaise série californiénne. J'ai un bureau rempli de vieux SuRfinG magazines que je compulse à la récré. J'y vois des VaGuES de toutes les tailles, de toutes les couleurs. des types pas plus épaie que moi chevauchant des immeubles qui me raméne à ma jalousie peureuse.
Je ne suis pas trés bon, pas ridicule non plus, mais j'aime Le SuRf et j'aime Les VaGuES,celles qui s'offernt et les contemplatives.J'en ai vu des bleues sous l'azur Australien, déferlant chez les rois Hawaiiens, des turquoise reflétant les coraux Tahitiens, mourant sous les palmiers californiens.J'en ai vu des milliers et j'en veux encore.
Je pense à ces jours ou il faut affronter la pluie, braver le frois, se lever avec le lever du soleil pour la marée du matin, chevaucher souvent des VaGuES qui n'en ont que le nom. Je maudit cette VaGuE qui se dérobe et réveille mes peurs, enfonçant mon orgueil jusqu'à l'asphyxie. j'aime les moments d'accalmie, l'attente de la série, l'oeil aux aguets, l'esprit libre de voire ce qu'il veut , puis l'impatience et l'effort soudain ou tout s'arrete, ou la réalité prend la forme unique d'une VagUe qui arrive et qu'il faut attraper avant les autres. J 'aime etre le premier sur la VagUe, la voir dérouler à mes pieds, prévoir ses ardeurs et la quitter tranquillement, sans l'oublier , en pensant déjà à la prochaine.
Ma première VagUe était minuscule, et moi ridicule. J'avais emprunté la planche d'un amis nettement plus grand que moi .Un bateau.Lorsque je me suis levé, j'ai trouvé ça tellement facile, il m'avait fallu un peu de temps avant d'etre rattrapé par un VagUE sentiment d'humilité. Je croiyais enfin avoir compris, comme aprés le premier Roller, comme aprés le premier TuBe. Et jammais, jammais cela ne se vérifriait.Un pied toujours mal placé ,une VaGuE farouche ou trop molle et l'impression désastreuse qu'il me faudrait toirs vies pour y arriver.
Aujourd'hui j'ai tout compris.J'ai compris que je ne serai jamais meilleur que demain .J'ai compris que nous n'obtient que ce qu'on mérite et qu'une VaGuE bien SurFée ne fait qu'entretenire le vice. J'ai compris que j'aimerai la mer pour toujours et que je n'imposerai rien à ses VaGues......


